Lettre ouverte d’une rescapée

La plupart des gens pensent qu’une fois qu’un corps est guéri, tout l’aspect psychologique va suivre. Il y a bien sûr le soulagement dans un premier temps, mais assez vite la peur de la récidive prend le dessus. La gestion du regard des autres se pose de nouveau. Nous pouvons entendre dans chaque discussion : mais pourquoi n’est-elle/il pas soulagé(e) ? Pourquoi ne revit-elle/il plus normalement ? Et bien tout simplement cela s’appelle le contrecoup. Le fameux choc post-traumatique . Comme si notre cerveau s’était conditionné et formaté à vivre dans la crainte.

Femme dépression - Salon Phoenix

Lorsqu’une maladie vous atteint, vous devez faire le deuil de votre « vie habituelle » mais lorsque la guérison tant attendue sonne enfin à votre porte, vous devez faire le deuil de cette maladie. Vous devez surtout réapprendre à vivre normalement sans peur de la récidive, sans les doutes. Intégrer le fait que vous n’êtes plus en période de rémission mais que vous êtes enfin guérie.

J’écris aujourd’hui pour nous libérer de notre honte, nous, miraculés.

Cette honte de la maladie dont vous ne vouliez pas parler. Cette sensation qui vous faisait vous sentir plus bas que terre, vous sentir inférieur et différent. Cette honte qui vous a empêché jusqu’à maintenant de vivre vos rêves, de briser vos chaines, et de respirer enfin. Cette honte qui vous a tétanisé à chaque minute.

Mais sachez qu’il n’existe dans ce cas aucun sentiment honteux, il n’y a que des maladies.

Changez votre perception. Vous avez déjà dû faire un gros travail sur vous-même, rencontrer de nouvelles personnalités, et peut-être même rencontrer l’amour. N’ayez pas peur que votre crabe, que votre ennemi vienne de nouveau chambouler tout ça, car sachez que c’est aujourd’hui derrière vous. Car maintenant, ce n’est plus cette maladie qui gâche votre vie, ce sont les freins que vous vous mettez.

Vos craintes sont légitimes, votre appréhension est normale, mais abandonnez vos craintes. Aujourd’hui, vous avez le droit de revivre. Vous avez à nouveau le droit de respirer, de rêver. Changez votre perception. Personne ne vous abandonnera.

Passez cette barrière du « et si jamais… » car au final, rien ne se passe de cette façon, tout ira bien. Profitez du moment présent. Embrassez ceux que vous aimez, riez aux éclats, reprenez confiance en vous et surtout en la vie. Le plus dur est derrière vous.

Pour ma part j’ai mené cette bataille comme une guerrière et je m’en suis sortie et relevée. Il a fallu du temps avant que je comprenne et que j’accepte tout ce qui s’était passé.

Je vais vous raconter l’histoire d’une jeune femme de 34 ans, qui a vu sa vie chamboulée à 31 ans.

Femme seule - Salon Phoenix

Dans une relation toxique depuis quelques années, j’ai appris que jouer sur l’apparence est le meilleur moyen de se planter. J’ai vite compris que les structures d’une maison doivent être solides, que l’amour ne va pas que dans un sens et qu’on ne peut pas aimer quelqu’un pour être aimé en retour. 

J’ai appris que l’amour de notre entourage, cet amour pur et sans condition, peut nous porter à bout de bras, que mon énergie et mon amour-propre n’étaient que des aspects de moi-même qui méritaient respect et douceur. J’ai accepté d’être différente.

La femme que j’étais faisait partir de cette catégorie qui souffre en silence – ou pas d’ailleurs. Cette catégorie qui a peur, peur de mourir mais encore plus de souffrir. Cette catégorie qui a honte, honte parce qu’elle se sent oubliée, pestiférée, victimisée, jugée. 

Il y a des gens tellement courageux qui ont un mérite sans limite. Une catégorie de guerriers qui se lèvent tous les matins prêts à combattre, en espérant un changement, en essayant de donner un sens à ce qui leur arrive.

Oui j’ai fait partie de cette catégorie et je suis fière d’avoir pu me battre à leurs côtés.

Après il y a ceux qui jugent, qui ne comprennent pas, qui vous en demandent toujours davantage sans tenir compte de vos limites, sachez que quoi que vous fassiez, ils ne seront jamais rassasiés, jamais satisfaits. Alors ne vous épuisez plus, aimez-vous simplement, respectez-vous.

L’amour d’une personne peut guérir, mais l’amour et l’estime de soi le peuvent encore plus. Alors saisissez votre chance.

Il n’y a aucune honte à avoir fait partie de ces guerriers, bien au contraire.

J’ai appris l’humilité, j’ai appris le partage, j’ai appris le lâcher-prise, j’ai appris à aimer et surtout à m’aimer correctement. Je suis fière d’avoir été cette guerrière et j’ai aujourd’hui la force de redéployer mes armes le jour où cela sera nécessaire.

Si le véritable amour, l’âme soeur fait son apparition dans votre vie, n’ayez aucun doute, il saura vous comprendre, respecter vos craintes et vous apaiser, sans jugement et de façon décomplexée.

Le véritable amour ne fait pas de vos faiblesses un fardeau, le véritable amour enveloppe vos faiblesses et les rend plus légères.

Alors osons vivre aujourd’hui, osons être, ayons de l’autodérision. Nous qui avons connu la détresse, laissons place aux joies, aux rires, à la légèreté et à la résilience. 

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